claude baland bapif 200528 130014  CD13170 300x200 - "Que chacun sache et mesure qu’il n’y a pas de petit don, seulement de grands gestes de solidarité" Claude Baland, Président du réseau des Banques AlimentairesClaude Baland, Président du réseau des Banques Alimentaires, pouvez-vous nous décrire votre parcours et l’actualité des Banques Alimentaires ?

Lorsque j’étais Préfet, je me suis rendu à la Banque Alimentaire du Gers. Séduit par le caractèrere concret, organisé et bienveillant de leur action, je m’étais dit que j’essaierais de devenir bénévole à mon tour. J’ai gardé cet objectif en tête, et être aujourd’hui Gilet Orange au service des Banques Alimentaires est donc l’aboutissement d’une vocation ancienne et tenace.

Cependant, je sais que nous pouvons compter sur l’engagement des Gilets Oranges. Qu’il s’agisse de conduire des camions, de trier des produits, de préparer les commandes pour les associations ou d’assurer des fonctions administratives, quand je vois comment les bénévoles et salariés du réseau font face à la crise sanitaire et à ses conséquences sociales, mon admiration est encore plus grande.

Selon vous, quelles sont les principales causes de l’augmentation des personnes en situation de précarité en France ?

Comme nous l’avons constaté après la crise de 2008, ce que l’on pense être un retour à la normale ne fait pas baisser le nombre de personnes qui ont besoin d’une aide alimentaire. Les crises économiques et sociales ont des conséquences durables et profondes. Nous ressentons ainsi clairement les effets de la crise covid sur le long terme. Des personnes dans une situation déjà fragile ont basculé dans une plus grande précarité.

Concernant plus particulièrement le recours à l’aide alimentaire, on sait que l’alimentation est la variable d’ajustement la plus « flexible » des petits budgets. Quand la pression est plus forte sur le coût du logement ou de l’énergie, comme c’est le cas en ce moment, les personnes en situation de précarité réduisent encore plus leurs dépenses alimentaires. Et quand c’est les prix de l’alimentation augmentent, c’est la double peine pour ces foyers.

Aujourd’hui, les Banques Alimentaires font face à une hausse inquiétante du nombre de bénéficiaires : les remontées de nos 6000 associations partenaires laissent apparaître pour le 3ème trimestre 2021 une hausse de 11,89% par rapport à 2020 sur la même période. Il va falloir y faire face.

Quels types de produits alimentaires avez-vous besoin de récolter ?

Les Banques Alimentaires œuvrent quotidiennement et s’efforcent de proposer à la distribution des produits variés pour respecter les recommandations nutritionnelles. Notre action repose majoritairement sur des dons alimentaires, et il faut composer avec : dons de la grande distribution, dons des industriels, dons des producteurs agricoles et des dons du grand public, une fois par an.

Pour atteindre nos objectifs d’équilibre alimentaire, compléter les produits frais que nous récoltons toute l’année et répondre aux habitudes des bénéficiaires, nous avons particulièrement besoin pendant la Collecte Nationale, de conserves de légumes, plats cuisinés, conserves de poissons et viandes, légumes secs, féculents, huiles… et aussi de produits d’hygiène.

Chaque année, le dernier week-end de novembre, les 79 Banques Alimentaires se mobilisent pour la Collecte Nationale dans les magasins, partout en France. Du vendredi 26 au dimanche 28 novembre, nos bénévoles “Gilets Orange” seront donc présents en sortie de caisse pour collecter les dons des consommateurs.

Quels messages aimeriez-vous passer aux consommateurs concernant le don alimentaire ?

Que chacun sache et mesure qu’il n’y a pas de petit don, seulement de grands gestes de solidarité. Grâce au soutien et à la mobilisation du grand public, 11% des produits distribués toute l’année sont collectés en 3 jours, soit plus de 20 millions de repas. Nous encourageons les citoyens à acheter les produits, en pensant au plaisir qu’il va procurer à celle ou celui qui le consommera.

Plus d’informations sur www.banquealimentaire.org

Crédit photo 2020 © Cedric Doux Photographe