circulegg 150x150 - Circul’Egg, la solution de valorisation des coquilles d’œufsPouvez-vous nous présenter le projet Circul’Egg ?

L’origine de l’idée est née lors d’un week-end start-Up organisé par AgroParisTech et Polytechnique ; Yacine est alors étudiant en deuxième année à AgroParisTech.

La thématique du week-end portée sur l’économie circulaire et les candidats avaient deux jours pour imaginer un projet innovant. Étant donné la casquette ingénieur agronome ; Yacine a tout de suite imaginé un projet à échelle industrielle.

Il a alors pensé à la valorisation de coproduit industriel. Il a vu que la France était le premier producteur d’œuf d’Europe et que l’œuf est un coproduit avec du carbonate de calcium. Il a alors présenté et remporté le concours pour son idée de projet de valorisation de coquille d’œufs pour l’alimentation d’élevage.

Pour donner suite à ce concours et son intérêt grandissant pour la lutte contre le gaspillage alimentaire ; Yacine a continué à travailler sur le projet ; il a développé les premiers prototypes de séparation coquille-membrane durant leur césure.

Une fois ses études terminées ; Yacine, passionné et entrepreneur, a continué à développer Circul’Egg, il a alors été rejoint par ses associés et ils ont alors constitué son équipe pour avancer de manière sereine et efficace avec les premiers recrutements.

Justine, diplômée de l’ESCP est la deuxième associée au projet. Très engagée dans les activités à impact, Justine a acquis de l’expérience en finance à impact grâce à son rôle d’analyste financière au sein du département Microfinance et Entrepreneuriat Social de BNP Paribas.

Justine a également travaillé en tant qu’analyste junior pour l’entreprise d’impact investing Kois dans laquelle elle a participé à la structuration opérationnelle et financière du premier contrat à impact développemental.

Elle a rejoint Circul’Egg au côté de Yacine car ils étaient tous les deux dans une même association étudiante ( présente à AgroParisTech et L ESCP : le NOISE) pour l’aider sur les aspects financiers et opérationnels.

Côté financement, nous avons été financés en premier lieu grâce à de la love money (crowdfunding de 20K€ ; concours 50k€). Puis nous avons obtenu un prêt d’honneur (50k€) de Wilco. Enfin, la BPI France nous a octroyé la Bourse French Tech Emergence de 90k€.

Après une formation approfondie dans le domaine des biotechnologies (double-diplôme ENS Cachan et Magistère de biotechnologie), Yacine a intégré l’école d’ingénieur AgroParisTech où il a axé sa formation autour de la gestion économique d’entreprise et de l’innovation. Dès lors, Yacine dispose de compétences scientifiques au profit d’un esprit ingénieur, capable de relier connaissances techniques et enjeux économiques.

Proactif, Yacine a été impliqué au cours de sa formation dans de nombreux projets et s’est naturellement tourné vers le monde de l’entrepreneuriat. Il a ainsi fondé la start-up Circul’Egg pour développer une solution de valorisation de bio-déchets. Ce projet fondé sur un principe d’économie circulaire est en cohérence avec sa volonté d’entreprendre au service d’une économie plus verte et durable.

Quels sont les enjeux de la revalorisation des coproduits de l’industrie agro-alimentaire ?

La production de nos industries agro-alimentaires entraine avec elle une production considérable de déchets. Carcasses de bétail, coquilles d’œufs, arêtes de poissons, lactosérum et babeurre, non destinés à la consommation humaine, sont généralement considérés à tort comme des déchets.

Chez Circul’Egg, nous reconnaissons la valeur de ces ressources qui, après avoir été correctement traitées, deviennent de nouvelles matières premières pour d’autres filières. Nous ne parlons plus de déchets mais de coproduits.

La valorisation des coproduits industriels redéfinit notre rapport aux matières premières et permet d’exploiter nos ressources de manière plus efficace et complète. Aujourd’hui le traitement des biodéchets passe souvent par les méthodes de méthanisation, de compostage ou d’épandage. Le potentiel de valorisation environnementale et économique est ainsi largement sous-exploité.

Capture decran 2021 09 27 a 15.57.07 - Circul’Egg, la solution de valorisation des coquilles d’œufs

Circul’Egg pousse l’idée encore plus loin. Notre originalité se trouve dans la volonté de rechercher, extraire et valoriser des produits à haute valeur ajoutée à partir de ces ressources. Ces produits seront alors exploités par d’autres industries, créant ainsi de nouveaux liens entre les filières, à l’origine d’un écosystème plus efficient. Notre proposition, basée sur les fondements de l’économie circulaire, permettra d’inscrire l’industrie dans une démarche de transition vers un modèle économique, social et environnemental plus durable.

De plus, le durcissement de la réglementation en matière de gestion des déchets et les systèmes d’incitation à produire plus durablement sont amenés à se développer dans les années et décennies à venir, que ce soit à l’échelle nationale et européenne. En témoigne le nouveau plan d’action pour une économie circulaire publié par la Commission européenne le 11 mars 2020 et les réflexions portant sur la loi de finances pour 2021 visant à développer un cadre budgétaire et fiscal favorable à l’économie circulaire.

Début 2021, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire entend également accélérer le changement de modèle de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

Ce contexte réglementaire en évolution met en évidence la nécessité de développer des solutions d’économie circulaire et constitue une véritable opportunité pour le développement du projet de Circul’Egg.

Aujourd’hui notre start-up Circul’Egg propose une solution de valorisation des coquilles d’œufs, (40 000 tonnes de coquilles sont rejetées chaque année en France , jusqu’à 160K en Europe), coproduit de l’industrie des ovoproduits. Demain, nous souhaitons positionner notre entreprise en tant qu’acteur de la valorisation des coproduits industriels en France et à l’international.

Selon vous, quels sont les facteurs clés de réussite d’une entreprise comme la votre ?

Afin d’accélérer notre développement, nous nous sommes entourés au maximum et nous avons à cœur de valoriser le travail réalisé par des collaborateurs motivés. C’est pourquoi nous avons fait appel à d’une part, des stagiaires et des étudiants de master dans le cadre de différents projets. De plus, nous sommes accompagnés par un ensemble de partenaires sur l’ensemble de la chaine de valeur de notre entreprise. Ils nous permettent d’avancer efficacement sur les différents volets.

Nos principaux partenaires sont. AgroParisTech, la fondation AgroParisTech, et l’ensemble de l’écosystème de l’établissement nous apportent un accompagnement intellectuel, technique, matériel et financier. AgroParisTech Innovation nous accompagne sur les volets juridiques et business. Précisément, nous avons construit un accord partenarial et une convention avec AgroParisTech afin de cadrer nos collaborations et dans l’objectif de disposer du statut de JEU.

Nous travaillons en collaboration avec plusieurs laboratoires de recherche partenaires pour mener nos travaux de R&D. Nous avons notamment co-construit un partenariat de recherche avec l’Institut Carnot 3BCAR, porté par l’INRAE, pour la R&D sur l’extraction de l’acide hyaluronique à partir de la membrane. Un bureau d’études nous accompagne également pour le scale-up de notre process industriel.

Nous avons également intégré la promotion 2020 de l’Antropia Essec, accélérateur spécialisé en entrepreneuriat social et environnemental.

Depuis 2019, nous sommes conseillés et suivis par l’incubateur Agoranov et nous avons intégré son programme d’incubation le 1er novembre 2020. L’accompagnement proposé par cet incubateur spécialisé dans l’industrie et la greentech nous apportera un soutien business, technique et juridique complet et reconnu.

Nous faisons également appel à différents prestataires pour la bonne gestion de notre entreprise. Nous sommes en discussion avec IPTrust pour les questions de propriété industrielle ; JAB nous conseille sur la stratégie commerciale ; Pennylane est notre cabinet comptable ; le cabinet Alinéa Avocats nous accompagne en pro bono sur les questions de mise sur le marché des produits.

En mars 2021, Circul’Egg a intégré le mouvement Impact France, qui depuis dix ans rassemble une communauté de pionniers, qui ont démontré qu’un autre modèle est possible et que des entreprises pouvaient grandir en respectant les 4 piliers : Impact Social ; Impact Écologique ; Partage de la valeur ; Partage du pouvoir.

Circul’Egg a rejoint l’Institut National de l’Economie Circulaire pour prendre part aux réflexions et à la représentation des acteurs de l’économie circulaire.

Circul’Egg est membre du pôle de compétitivité IAR de la Bioéconimie. IAR est le Pôle de la Bioéconomie français de référence, en Europe et à l’international.

Enfin, Circul’Egg est membre du pôle de compétitivité Valorial. Le Pole Valorial est un pôle de compétitivité agroalimentaire du Grand Ouest, situé au coeur du 1er bassin agroalimentaire d’Europe.

Nous avons également constitué un comité de pilotage d’expert avec notamment le cofondatuer d’Ynsekt, Alexis Angot, le président de LSDH Emmanuel Vasseneix, ou encore Frank Peron spécialiste bien être animal chez Royal Canin.

Quel conseil donneriez-vous à un consommateur pour une meilleure alimentation ?

Chaque jour, chaque supermarché français jette en moyenne 20kg de nourriture. Cela représente un gaspillage alimentaire de 218 tonnes par jour.

Or cela peut être évité en trouvant d’autres sources de valorisation aux produits non consommés (par exemple avec des fruits et légumes que nos producteurs locaux produisent et qui ne finissent pas dans notre assiette, car trop gros, trop minces pas assez présentables, il est possible d’en faire de la confiture).

Sur les aliments jetés par les consommateurs, une bonne partie pourrait sans difficulté être évitée. D’après un rapport de l’Ademe 2016, France Nature Envrionnement & Verdicité , en moyenne les consommateurs français jettent chaque année 7 kg d’aliments qui sont non consommés et encore emballés.

De plus, grâce à l’évolution des connaissances scientifiques et les progrès sur les procédés, nous sommes capables de redonner une seconde vie à des aliments en exploitant au mieux leurs ressources.

Par exemple, aujourd’hui il existe une start up qui produit des ingrédients et des aliments protéinés et sains à partir d’une ressource sous-exploitée : la levure de brasserie ou encore des entreprises qui fabriquent des gâteaux à partir de drèche.

Les consommateurs doivent alros faire évoluer leur perception vis-à-vis des denrées alimentaires, qui peuvent avoir des vertus en plus très positives sur la santé, comme nos membranes qui ont des effets sur la réduction des douleurs articulaires.

Plus d’informations sur www.circulegg.fr

(Sources : Ademe 2016, France Nature Envrionnement & Verdicité)