Syndifrais appelle à revaloriser les produits laitiers frais d’au moins 14 à 16% par rapport à 2021 dans le cadre de la réouverture des négociations commerciales

Face à une inflation durable et inédite des matières premières agricoles et industrielles, Syndifrais exhorte la distribution à reprendre les négociations avec réalisme pour assurer la pérennité des entreprises des produits laitiers frais et maintenir les approvisionnements.

En septembre et janvier derniers Syndifrais alertait ses clients sur la hausse forte et continue de l’immense majorité des matières premières nécessaires à la fabrication des produits laitiers frais. Les négociations avec la distribution closes le 1er mars dernier n’ont pas permis d’obtenir la revalorisation demandée des prix.

En parallèle, et de manière inattendue la crise pré-existante s’est amplifiée avec la guerre en Ukraine, mettant en grande difficulté les entreprises. La profession appelle aujourd’hui à revaloriser les produits d’au moins 14 à 16% par rapport à 2021 pour compenser, notamment, les hausses actuelles des prix du lait et des emballages.

Ces conditions sont évolutives et pourraient encore se dégrader dans les mois à venir. Entre les pénuries d’emballages qui s’amplifient et le risque de productions à marges négatives, une absence de renégociation mettrait clairement en péril la pérennité des fabricants et l’approvisionnement des circuits de distribution.

« La situation est inédite pour toute l’industrie des produits laitiers frais, pour les marques nationales comme pour les marques de distributeurs. Si en septembre nous pensions que la crise était conjoncturelle, elle est aujourd’hui clairement structurelle. Nous sommes entrés dans une ère d’incertitude maximale qui nécessite des renégociations régulières pour tenir compte des évolutions des marchés, et ce, dans des délais très courts. Nous sommes aujourd’hui très inquiets pour la pérennité de nos entreprises qui ne sont actuellement plus en mesure de couvrir leurs coûts. Il y a urgence ! » déclare Patrick Falconnier, président de Syndifrais

Les prix de l’énergie poursuivent leur hausse vers des sommets

Déjà fortement orientés à la hausse, les prix de l’énergie flambent sous l’effet du conflit russo-ukrainien et nul ne sait où ils s’arrêteront. En 1 an, le gaz a augmenté de 359% et l’électricité à usage professionnel de 259%. En parallèle, les prix du transport poursuivent également leur hausse sans que personne ne soit en mesure d’anticiper les évolutions à court ou moyen terme.

La très forte flambée des prix de l’énergie a également des répercussions directes sur la fabrication d’emballages avec des arrêts de sites industriels. Le secteur des produits laitiers frais, premier marché alimentaire en France et qui fonctionne depuis longtemps avec des marges très faibles, est dans l’incapacité d’absorber de telles hausses, brutales et durables sans conséquence sur les approvisionnements.

Hausses de prix et premières ruptures d’approvisionnement sur les emballages.

Par la combinaison de la désorganisation des chaines d’approvisionnement et de l’envolée des cours du pétrole, les prix des emballages poursuivent inexorablement une hausse historique, imposée et incontrôlée.

Concrètement, la désorganisation se traduit par des surprimes très importantes imposées aux fabricants d’emballages pour l’achat de matières premières. Et les coûts de l’énergie conduisent certaines usines à stopper leur activité, faute de rentabilité.

Par exemple, 17 papeteries européennes sont actuellement à l’arrêt. Or, les emballages représentent 20 à 35% du prix de vente des produits laitiers frais.

  • Pour les emballages plastiques, toutes les résines sont concernées par des hausses très importantes. Le PS (polystyrène) qui représente environ 70% des emballages plastiques, a augmenté de +38% en un an (février 21). Le PET augmente lui d’environ +52% et le PP de +36% environ.
  • Les cartons, plat ou ondulé, augmentent de +40 à +60% sur un an et restent orientés à la hausse. Face à la pénurie, les fournisseurs rationnent leurs clients et les premières ruptures d’approvisionnement ont été constatées.
  • L’aluminium augmente, lui, de façon vertigineuse avec des hausses de +57% sur un an. Les hausses des coûts de l’énergie font craindre des arrêts de production, une pénurie et des ruptures d’approvisionnement.

Les fournisseurs d’emballages ont d’ores et déjà augmenté fortement leurs tarifs et ont déjà prévenu qu’ils n’hésiteraient pas à cesser les livraisons faute d’accord.

Les prix du lait en forte hausse également

Alors qu’en janvier, les industriels des produits laitiers frais estimaient que les revalorisations des prix du lait se situeraient dans une fourchette de +20 à +30€ pour 1000 litres, celles-ci se situeront très probablement au-delà de +65€ pour 1000 litres par rapport à 2021.

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