City logo bis - La chaine agroalimentaire britannique peut-elle s’effondrer ?

Dans un nouveau rapport, Tim Lang professeur de politique agroalimentaire à City University of London et ses partenaires, ont évalué les risques du Brexit en matière de sécurité alimentaire.

Le rapport intitulé Feeding Britain: Food Security after Brexit (Nourrir la Grande-Bretagne : la sécurité alimentaire après le Brexit) – publié par la Food Research Collaboration – fait le point sur la façon dont le gouvernement britannique aborde la sécurité alimentaire et la réglementation des denrées alimentaires lors des négociations sur le Brexit.

Les auteurs du rapport précisent qu’un Brexit imprudent présente des risques significatifs pour les flux de nourriture entrant et sortant du Royaume-Uni. Ils incitent le gouvernement, l’industrie et le public à rester concentrés sur la question de l’approvisionnement alimentaire. Selon les chercheurs, le gouvernement reconnaît les conséquences graves qui peuvent s’ensuivre, en cas de Brexit sans accord, parce qu’il prévoit des plans d’urgence pour suspendre la réglementation alimentaire.

Le co-auteur, professeur Tim Lang, de City, University of London précise : « On pourrait dire que c’est une planification d’urgence judicieuse, mais qui n’est pas sans risques. Les consommateurs se demanderaient à juste titre qui garantirait la sécurité et la qualité des aliments qu’ils achètent. Les réseaux criminels seraient alertés sur les possibilités de fraude alimentaire. Tout cela enverrait des signaux négatifs à l’UE, à un moment délicat des négociations sur le Brexit, ce qui pourrait conduire l’UE à remettre en question les exportations britanniques. »

Le rapport est rédigé par le professeur Tim Lang, le professeur Erik Millstone (University of Sussex), Tony Lewis (Chartered Institute of Environmental Health) et le professeur Terry Marsden (Cardiff University)

Le gouvernement britannique a prévu un certain nombre de mesures pour anticiper les conséquences du Brexit dans le secteur agroalimentaire. Elles figurent dans la déclaration de Chequers du 6 juillet et dans le livre blanc. Mais ces deux documents ont des faiblesses majeures, comme en témoigne le rapport. Le gouvernement fait une erreur stratégique et fondamentale en proposant un alignement étroit sur les règles de l’UE uniquement pour l’agriculture et la fabrication, mais pas pour le commerce de détail et la restauration.

Cela introduit un clivage entre les secteurs de la production et des services du système alimentaire britannique, d’autant plus que le secteur des services alimentaires est la principale source d’emploi dans toute la chaîne alimentaire du Royaume-Uni. Par ailleurs, sa valeur ajoutée brute – de 29 % – est plus importante que celle d’autres sous-secteurs : l’agriculture (7%), le commerce de gros (11 %), la production (26 %), le commerce de détail (27%).

Le rapport constate que le gouvernement n’a pas une position affirmée quant à la question des travailleurs migrants et leur importance pour le fonctionnement du système alimentaire britannique. En outre, les auteurs soulignent que trop peu d’attention est accordée aux besoins des nations constitutives du Royaume-Uni : le Pays de Galles, l’Écosse ou l’Irlande du Nord, dont les économies dépendent fortement du secteur alimentaire.

D’après les auteurs, la décision de l’Agence britannique des normes alimentaires (Food Standards Agency) d’accélérer la mise en œuvre de la réforme de la sécurité alimentaire au Royaume-Uni crée un risque supplémentaire et inutile, à un moment où un régime réglementaire stable devrait être mis en place pour servir de base à la négociation du Brexit.

« Il est essentiel, dans le contexte de la négociation et de la promulgation du Brexit, que la Food Standards Agency, et le gouvernement britannique en général, évitent toute décision ou action qui pourrait nuire aux normes de sécurité alimentaire au Royaume-Uni ou à sa réputation en matière d’approvisionnement » a conclu le professeur Erik Millstone.

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