AAEAAQAAAAAAAA1EAAAAJDUyMTNhNzRjLWFiZTktNGEwNS05YTkzLTMzNWYxMWViOWM1ZA 150x150 - Interview Philippe Caumont, Co-fondateur de La CigognePhilippe Caumont, Co-fondateur de La Cigogne, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre société ?
J’ai 31 ans, et lors de mes 5 années d’études d’ingénieur agricole j’ai été immergé dans ce monde dont je ne suis pas issu moi-même, en travaillant sur des fermes et en côtoyant des amis fils d’agriculteurs ou agriculteurs eux-même.
Après un parcours en banque et assurance, j’ai vite été rattrapé par ma passion pour le goût, le terroir, et les produits fermiers d’exception.
Un ami éleveur me livrait fréquemment à Paris son délicieux veau de l’Aveyron et me faisait part de ses difficultés.
Je me suis alors dit qu’il y avait quelque chose à faire pour l’aider à résoudre une partie de ses problème tout en faisant découvrir au plus grand nombre des produits fantastiques.
C’est ce qui m’a amené, avec mon associé Pierre Dompnier, à créer www.la-cigogne.fr, un site de vente en ligne de produits fermiers d’exception issus des meilleurs terroirs français.
Au travers de ce site nous souhaitons être utiles aux agriculteurs afin qu’ils accèdent à de nouveaux débouchés et qu’ils retrouvent leur fierté de produire.
Nous avons à cœur d’amener les gens à consommer différemment et à retrouver le plaisir de produits simples, authentiques et qui ont du goût.
Nous sommes également persuadés que pour bien manger le plus simple et encore de savoir « qui produit et comment il ou elle produit? ».
En Avril 2016 nous livrions nos premiers colis de produits fermiers à domicile partout en France.
Depuis nous avons créé une relation de confiance avec une trentaine d’agriculteurs passionnés et proposons à la vente plus de 150 produits.
Et nous continuons à développer de nombreux projets autour de ce concept central.
la cigogne 1024x423 - Interview Philippe Caumont, Co-fondateur de La Cigogne
Selon vous, quels sont les futurs acteurs de l’innovation alimentaire en France ?
La baisse du revenu des agriculteurs, les nombreux scandales sanitaires ainsi que les questions sur le bien-être animal sont à l’origine d’une perte de confiance dans le système dominant actuel.
La méfiance envers les industries agro-alimentaires est en forte croissance et l’émergence de nouvelles façon de consommer (les circuits courts, l’agriculture bio, les nouveaux régimes alimentaires,…) viennent créer une nouvelle donne.
C’est pourquoi je pense qu’il y a de la place pour de nombreux acteurs de l’innovation alimentaire.
Ceux qui se positionnent sur les nouvelles façon de consommer en se basant sur de l’innovation produit pure : produits à base d’algues, de spiruline, de probiotiques, aliments «sans», mais aussi ceux qui proposent des systèmes de consommation alternatifs, socialement et écologiquement plus vertueux.
Selon moi, c’est la somme de ces nombreuses initiatives qui fera évoluer le secteur alimentaire.
Les start-up ou entreprises qui porteront des innovations avec de vraies valeurs et en intégrant les problématiques de l’amont de la filière on beaucoup de choses à faire.
Acheter ses produits alimentaires en ligne se banalise comme en atteste l’arrivée de mastodontes tels que amazon et vente privée sur ce marché. Ils joueront un rôle important dans la façon de consommer de demain et dans l’offre disponible pour les consommateurs.
Quels sont les facteurs clés de réussite d’une jeune entreprise comme la vôtre ?
En général, il faut croire en soi et en son projet plus que les autres.
Savoir bien s’entourer est primordial, à commencer par un ou plusieurs cofondateurs, mais aussi des mentors qui permettent de prendre de la hauteur.
Et enfin savoir écouter ses clients, ses fournisseurs et savoir leur répondre est indispensable.
Leurs critiques font mal mais permettent d’avancer à condition de savoir se remettre en cause et de savoir prioriser les chantiers d’amélioration.
Dans un domaine comme le notre, il faut avant tout être passionné, bien connaître le monde agricole, avoir les mêmes valeurs que les producteurs et surtout savoir de quoi on parle, même sur des sujets techniques liés à la production.
A part votre start-up, quelle innovation alimentaire auriez-vous aimé inventer ?
J’aurais tout simplement aimé être agriculteur.
Reprendre ou créer une exploitation qui me corresponde au sein d’un terroir bien particulier.
J’y mettrais en valeur un savoir-faire traditionnel, une race oubliée ou un mode de production innovant pour proposer des produits finis authentiques et qui ont du goût.
N’ayant pas ce courage, j’ai préféré aider les gens qui le font déjà si bien.
Plus d’informations sur www.la-cigogne.fr