AAEAAQAAAAAAAAdnAAAAJGQ4YTAyMDc0LWVjYjMtNGJhZi04OTVjLTM2MjI5MDMzZGI1MQ 150x150 - Interview de Sébastien Worms, Co-Fondateur de Vitaline
Sébastien Worms, Co-Fondateur de Vitaline avec Alexis Fournier, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre société ?
J’ai toujours aimé « faire les choses de mes propres mains ». J’ai monté ma première société à 14 ans, PC Mania, un site éditorial sur l’informatique, sans vision claire, mais je prenais plaisir à faire. Pour moi entreprendre, ça voulait dire savoir innover et pouvoir gérer une entreprise, donc je souhaitais acquérir des compétences techniques et de gestion.
J’ai cherché à faire de l’intelligence artificielle, secteur qui me passionnait, et j’ai réussi à entrer à l’ENSTA. Et pour travailler sur la gestion, je suis entré à l’ESSEC qui a un cursus très adapté aux doubles diplômes.  J’ai lancé beaucoup de projets qui n’ont pas survécu aux épreuves des premiers tests marché ou techniques : probablement une dizaine sur lesquels j’ai travaillé entre 2 semaines et 2 mois à plein temps.
Il y en a deux sur lesquels j’ai passé beaucoup plus de temps, c’est TheGoodery (SaaS de data produit, solution pour e-commerçants – un échec cuisant après 2 ans de travail acharné), et Cowork.io, dont je suis sorti peu après le lancement : épuisé de 4 ans à « payer pour travailler », j’étais en burn-out. J’ai été deux fois salarié, chez Total dans la structure d’investissement dans les startup (Corporate Venture Capital) et chez Oscaro en chef de produit du site web.
Si je suis le technophile de service, Alexis est le nutritionniste de service ! Alex, co-fondateur de Vitaline, a toujours fait très attention à son alimentation et à donner des conseils à tout notre groupe de copains.
Nous étions en école ensemble et sommes amis depuis près de 15 ans. Alexis a fait du conseil auparavant, notamment dans les compléments alimentaires. Fils d’entrepreneur, il a la culture et a toujours eu l’ambition de créer.
Ça a été très vite quand nous avons évoqué de monter Vitaline, cela faisait des années que nous envisagions d’entreprendre ensemble : nous avions déjà monté une équipe BDE et Junior Entreprise.
Le moment déclencheur a été une semaine de vacances : j’avais amené des mix nutritionnels américains, et Alex m’a dit « c’est super pratique ton truc, mais nutritionnellement, c’est nul ! ».
Ces repas coûtent très peu chers, la réflexion c’était de se dire « même si on monte à 3€ ou 4€ par repas, ça reste assez abordable, et on devrait avoir la marge pour mettre de meilleurs ingrédients ». Et c’est parti comme ça !… Après quelques nuits de travail quand même.
Selon vous, quels sont les futurs acteurs de l’innovation alimentaire en France ?
Il se produit probablement dans l’alimentaire ce qu’il s’est produit dans l’informatique il y a 20 ans : l’innovation est portée par des startups très dynamiques, et les grands groupes sont bousculés.
Ces grands groupes vont probablement d’une part progresser sur leur innovation, d’autre part faire de l’innovation externe : racheter certaines startups qu’ils projettent d’intégrer dans leur sphère/écosystème/groupe.
Ces rachats vont financer l’environnement : des serial-entrepreneurs vont émerger, les investisseurs pourront réinvestir… et la pompe sera amorcée d’un écosystème d’innovation.
« Ecosystème » est d’ailleurs un mot clef : c’est parce que beaucoup de facteurs sont présents aujourd’hui que ces startups peuvent émerger : les incubateurs, les accélérateurs, les investisseurs, la culture « startup », l’appétence des consommateurs pour l’innovation, les possibilités offertes par le web pour démarrer rapidement etc…
Je pense que l’innovation alimentaire va ressembler à l’innovation dans le secteur tech : distribuée entre les grands groupes et les startups, il n’y aura pas un acteur ou un type d’acteur unique.
Quels sont les facteurs clés de réussite d’une jeune entreprise comme la vôtre ?
Product, product, product !
C’est ce que tout le monde dit, et c’est probablement le facteur le plus important.
Mais c’est comme tout dans la vie : c’est une somme de plein de petits détails qui fait que ça marche.
Bien communiquer auprès de nos consommateurs, une équipe qui s’entend bien et qui a les compétences adaptées au challenge, le timing du marché, bien s’entourer, bien se financer.
Et tous les petits détails !
Par exemple sur le timing, il faut aller vite… tant qu’on fait les choses bien !
L’exemple clef c’est WebVan VS Amazon. Le premier s’est développé très vite, a atteint une valorisation de $4,8 milliards en 1999, supérieure à celle d’Amazon à l’époque, et avait investi plus d’$1 milliard dans sa logistique.
Beaucoup plus qu’Amazon ! Mais WebVan est allé trop vite par rapport à ses ventes, et a fait faillite en 2001. Nous connaissons tous la suite de l’histoire.
A part votre start-up, quelle innovation alimentaire auriez-vous aimé inventer ?
Une société de distribution de repas préparés dans une cuisine centralisée.
Le secteur de la restauration est très très inefficace !
Quand on prend du recul, c’est un des derniers grands secteurs qui n’a pas été industrialisé efficacement.
La majorité des restaurants ressemble aux restaurants d’il y a 2 000 ans : une cuisine, un cuistot, une salle à manger. C’est fou d’inefficacité !
Beaucoup de sociétés sont en train d’émerger dans le secteur : Frichti, Nestor, Popchef… L’évolution du secteur va être passionnante.
Plus d’informations sur www.vitaline.fr