Nicolas landscape 150x150 - Interview de Nicolas Loufrani, CEO de THE SMILEY COMPANYNicolas Loufrani, CEO de THE SMILEY COMPANY, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre société ?

Smiley a été fondé par mon père Franklin en 1971, il était journaliste à l’époque et voulait répandre un peu de bonheur à une époque où les mauvaises nouvelles semblaient prévaloir.

L’éditeur du journal France Soir lui a demandé de proposer une campagne qui rappelerait aux gens de “prendre le temps de sourire”. Le 1er janvier 1972, le journal français publiait donc pour la première fois sa campagne Smiley, désormais devenue emblématique. Et c’est ainsi que la marque et l’entreprise étaient nées.

La première licence alimentaire à été avec le groupe Mars, sur les bonitos, ancetres des M&M’s, sur lesquels notre logo était imprimé la ou le M l’est désormais.

Notre autre produit iconique dans l’alimentaire ce sont les pomme de terre Mc Cain, dont la forme en 3D lancée en 1994 est une marque déposée et que nous licencions aussi dans d’autres catégories comme les nuggets de poulet, les snacks, les bonbons gélifiés, les céréales… et dont le succès auprès des familles est toujours très important.

J’ai commencé à travailler dans l’industrie du luxe. J’ai notamment joué un rôle important dans la transformation de Ozwald Boateng, qui, de commerçant sur Portobello Road, est devenu un maître tailleur de Saville Row renommé à l’international.

En 1996, mon père Franklin m’a finalement convaincu de rejoindre Smiley et d’essayer de relancer la license Smiley avec son modèle de merchandising traditionel. Quitter l’industrie du luxe a été un changement de carrière difficile, car c’était ma passion, mais je savais que je pouvais utiliser mes connaissances sur les tendances et le designpour révolutionner Smiley pour toujours.

C’est en 1997, que j’ai vraiment réussi à laisser mon empreinte sur le Smiley, lorsque j’ai réalisé que le monde était en pleine révolution technologique et que les gens exprimaient leurs émotions à l’aide de signes de ponctuation dans leurs messages et emails.

Des centaines de combinaisons de ponctuation avaient été créées pour communiquer des émotions, mais seulement 🙂 et 🙁 étaient vraiment compréhensibles et utilisés. J’ai donc commencé à expérimenter avec le Smiley de mon père en le déclinant.

J’ai ainsi créé des milliers de Smileys, graphismes reconnaissables par tous pour remplacer ces émoticônes préexistants et créer un nouveau language. Je savais que je tenais quelque chose d’énorme, donc j’ai déposé les droits d’auteurs et lancé une nouvelle marque appelé SmileyWorld. SmileyWorld regroupe des milliers d’émoticônes qui peuvent être appliqués à une variété de produits.

En 20 ans, les Smileys que j’ai créé ont été utilisés sur des dizaines de milliers de produits, qui ont été produits par plus de 800 licensiés et ont généré plusieurs milliards de dollars de ventes. L’invention unique de mes Smileys a continué d’influencer le language visuel et la façon dont nous communiquons et nous exprimons au jour d’aujourd’hui et j’en suis vraiment fier.

J’ai passé les 20 dernières années à transformer le portfolio de la compagnie Smiley en un véritable style de vie. Non seulement cela rend nos marques intéressantes auprès des clients, mais cela les rend également à l’épreuve du temps.

Au jour d’aujourd’hui, elles représentent des marques cool auxquelles les gens positifs peuvent s’identifier et se connecter. Cela m’a aussi permis de transformer l’avenir de la compagnie Smiley : au jour d’aujourd’hui, nous sommes l’une des licenses du Top100 mondial, nos licenciés ont généré en 2017 un chiffre d’affaires annuel de plus de 405 millions de dollars et vendu plus de 136 millions d’articles.

L’année dernière, nous avons reçu le « Best Licensed Lifestyle Brand award. Nous sommes sur le bon chemin pour accomplir ma mission !
Smiley fruity mockups 1024x577 1024x577 - Interview de Nicolas Loufrani, CEO de THE SMILEY COMPANY
Quels sont les facteurs clés de réussite d’une entreprise comme la vôtre ?

Notre message de marque est complétement unique, dans le sens où notre objectif est de « faire du monde un monde meilleur », et cela représente le point de départ de tout ce que nous faisons en tant que compagnie.

Nous avons également un positionnement enviable, qui nous place à l’épicentre de 3 des plus importantes tendances de consommation dans la culture populaire d’aujourd’hui; le bonheur, la musique et les Smileys.

Cela donne à nos partenaires des opportunités uniques d’utiliser notre message de marque authentique, lorsqu’ils s’associent avec Smiley.

Chez Smiley, nous sommes fiers du travail de co-création que nous faisons avec nos partenaires.

Notre objectif est de leur donner une direction créative et marketing et une expertise commerciale afin de créer des collections innovantes, adaptées au marché et soutenues par notr vision marketing.

Nous voulons que nos partenaires sachent que lorsqu’ils travaillent avec Smiley, ils entrent dans un partenariat de longue durée au succès grandissant.

Selon vous, quels sont les futurs acteurs de l’innovation alimentaire en France ?

Je pense que tous les industriels du secteur vont continuer à innover, j’imagine que leur pipeline créatif déborde d’idées plus géniales ou sympa les unes que les autres, et que comme dans beaucoup d’autres industries, le problème n’est pas d’innover, mais de savoir comment vendre l’idée aux consommateurs qui ont déjà trop de choix et qui pour une part grandissante veulent plutôt revenir à des produits le plus naturels possibles et à l’empreinte énergétique la plus légère possible.

Dans ce sens l’innovation sera sans doute dans la manière de produire, cuisiner et distribuer des produits de qualité et vraiment frais. Je crois aussi à des évolutions dans la commercialisation, le succès incroyable de la marque « c’est qui le patron » démontre que les consommateurs cherchent aussi l’innovation ailleurs que dans la technologie.

A titre personnel, quelle autre innovation alimentaire auriez-vous aimé inventer ?

Les fermes urbaines à cultures hydroponiques ou aeroponiques. Ce sont vraiment des systèmes incroyables, c’est presque un délire de science fiction qui pourtant existe déjà.

Je consomme le plus de produits bio possibles et pour moi la grande inconnue reste de savoir ce qui est dans mon assiette lorsque je suis dans un restaurant, j’espère que l’alimentation vegan et sans pesticides va se développer de manière importante c’est une question de santé publique et je pense que les fermes urbaines ont un rôle important à jouer dans l’avenir, je me demande si les grands de la distribution seront les premiers à en installer sur les toits des grands hypermarchés ou si ils se feront dépasser par Amazon sur le sujet.

Plus d’informations sur www.smiley.com