invivo 150x150 - Interview de Nicolas Ferras, Directeur de InVivo InvestNicolas Ferras, Directeur de InVivo Invest, pouvez-vous nous décrire votre parcours et les missions de Invivo Invest ?
Originaire du sud-ouest de la France, j’ai toujours été passionné par le monde agricole et alimentaire et ai décidé d’en faire mon métier.
J’ai suivi le cursus classique, classes préparatoires, école d’ingénieur agronome (SUPAGRO Montpellier) mais dans lequel j’ai choisi de basculer vers la gestion de l’innovation et le marketing.
En suite tout s’est fait par les rencontres, où notamment j’ai croisé un des dirigeants du groupe InVivo qui m’a séduit par le projet de l’entreprise mais aussi ses valeurs coopératives. J’y ai eu différents postes, sur les réseaux de distribution professionnel, puis au développement marketing et commercial d’une petite filiale très innovante qu’était Biotop (Biocontrole).
Ensuite j’ai eu l’opportunité de basculer vers  le marketing, la stratégie BtoBtoC, en particulier le petfood, pour finir par diriger une activité de mise en marché BtoB.
En parallèle j’ai continué à m’impliquer sur les thématiques innovation au niveau du groupe avec la mise en place d’une stratégie de transformation numérique, portée par le projet « INVIVOTECH2020 », et l’opportunité de créer InVivo Invest pour accompagner le volet externe (Start-up, réseaux d’accélération…) est apparu.
Là encore une histoire de rencontre, le projet était porté par Stéphane Marcel, un de nos dirigeants mais surtout fondateur d’une des plus belles entreprises de l’Agtech (SMAG), avec qui nous avons œuvré à créer ce fonds.
InVivo Invest est un fonds corporate earlystage pour les startup Agtech, Foodtech et Winetech.
Peu de fonds aujourd’hui s’intéressent à ces projets jeunes, mais notre modèle est différenciant car nous n’accompagnons que des projets où nos métiers peuvent booster et sécuriser le développement de la startup.
Nos participations sont minoritaires et souvent associées à d’autres fonds complémentaires, ce qui permet de mettre toutes les compétences de l’écosystème au service du projet et de l’équipe fondatrice.
Selon vous, quels sont les futurs acteurs de l’innovation alimentaire en France ?
L’innovation est partout dans l’alimentaire, dans les grands groupe, les PME/TPE mais le monde des startup foodtech est aujourd’hui en plein bouillonnement.
Je suis impressionné de la qualité de certains projets et surtout de certaines équipes de fondateurs, c’est très encourageant.
Par contre la foodtech, ce n’est souvent pas que du « code », il y a dans la majorité des cas du développement produit, le l’industrialisation et le cycle pour arriver au POC est bien plus long.
C’est pour cela que nous sommes convaincus, qu’il faut un accompagnement et un financement thématiques spécifiques (expertise et durabilité).
Pour ce faire nous avons notamment lancé le programme « Nurture The Future » avec le Bic de Montpellier et Supagro, mais aussi le premier accélérateur foodtech, Accelerise avec notamment le Groupe SEB et Vitagora.
En accompagnant ces startup dans des environnements adaptés nous pourrons à la fois identifier rapidement les projets sans avenir, mais aussi booster ceux à potentiel.
Quels sont les facteurs clés de réussite des start-up de la foodtech en France ?
Nous avons en France une culture de l’alimentation exceptionnelle et diverse.
Nos réseaux institutionnels de formation (écoles, universités…) et d’accompagnement (recherche, pôle de compétitivité…) sont de tout premier ordre avec une belle dynamique autour de l’innovation.
Tout ce terreau fertile permet à l’entrepreneur d’initier son projet dans un écosystème favorable. Ensuite, pour réussir, il fallait accélérer la transformation de l’idée en projet et en entreprise.
C’était pour nous le chainon manquant de l’accélération thématique, mais qui est en train de se résoudre avec la mise en place des réseaux thématiques Foodtech de la Frenchtech.
Les initiatives comme Accelerise, lancé il y a quelques jours, sont une nouvelle manière d’accélérer les projets, où nous ne parlons pas « de location de bureaux » mais bien mentoring, coaching avec un panel d’experts du milieu assez impressionnant.
Enfin, si  nous voulons que les staruper réussissent, il ne faut pas qu’ils passent plus de temps à chercher des fonds qu’à construire leur projet et leur équipe.
C’est pour cela que nous sommes ravis de voir arriver d’autres fonds thématiques Foodtech à nos côtés, avec une vision de l’equity comme nous pouvons l’avoir en entreprise : dans la durée et la cohérence.
Quelle innovation alimentaire auriez-vous aimé inventer ?
Tellement !
Je suis très sensible à l’innovation mais aussi à valoriser ceux et celles qui font la matière première de nous consommons.
Il est fondamental pour moi que l’innovation serve à tous les maillons de la chaîne alimentaire et agricole.
Pour citer un exemple, nous venons de prendre des participations dans 10vins, »la Nespresso du vin », et j’aurais bien aimé inventer le concept !
En effet par la technologie nous changeons la manière de consommer le vin, en le buvant au verre, mais surtout à température et oxygénation idéale.
Ceci ne fait que magnifier le travail du viticulteur qui en plus est mis en avant dans tout le chemin de dégustation.
Pour moi ceci est vraiment une belle innovation, pour le viticulteur et le consommateur, en se servant de la technologie pour magnifier l’expérience sensorielle.
Plus d’informations sur www.invivo-group.com