089c9b1 150x150 - Interview de Frédéric Ventre, co-fondateur de YoojiFrédéric Ventre, fondateur de Yooji, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre société ?

Mon parcours ne me destinait pas à créer Yooji.

Diplômé d’HEC, j’ai commencé ma carrière dans la banque, puis dans le conseil. C’est au détour d’une mission de conseil pour un client dans l’agroalimentaire que j’ai eu l’idée des surgelés pour bébés, qui allait devenir Yooji.

Yooji s’est créée autour de concept simple, des aliments infantiles bons et sains en petites dosettes surgelées, pour faciliter la vie des jeunes parents d’aujourd’hui.

J’ai co-fondé l’entreprise avec mon camarade de promo Philippe Briffault, spécialiste du marketing de produits alimentaires de grande consommation, et Marc Vignolle, ancien numéro 2 de la R&D du groupe Marie, ayant commencé sa carrière dans la production agroalimentaire.

Créée en septembre 2012, Yooji a levé déjà deux fois des fonds pour un total de 5 M€, emploie près d’une quarantaine de personnes, a déposé 2 brevets, dispose de son propre outil industriel à l’Agropole d’Agen, et a signé des accords de référencement avec les plus grandes enseignes de la GD ainsi que depuis quelques jours avec Biocoop.

Ses produits (la gamme compte 15 références de galets de purée de légumes bio, 2 références de galets de viande bio d’origine France et 2 de poisson sauvage MSC) sont distribués dans plus de 400 points de vente de type GMS un peu partout en France ou de retrait de type drives (dont tous les Chronodrive), mais aussi online par Houra, Ooshop et Toupargel.

Nous connaissons une très forte croissance ces derniers mois, de l’ordre de +100 à +200 % par rapport au même mois de l’année précédente, malgré le « churn », l’attrition propre à notre segment de marché puisque les parents ne restent clients qu’entre les 4 et les 15/16 mois de leur bébé.

Selon vous, quels sont les futurs acteurs de l’innovation alimentaire en France ?

Essentiellement des start-ups et des PME agiles, capables de cerner et comprendre les attentes des consommateurs, d’y répondre en tirant parti au maximum du progrès technologique (numérique, novel food…), mais toujours dans le respect le plus strict de la réglementation et en faisant preuve de loyauté et de transparence vis-à-vis des consommateurs.

Ce sont aussi sûrement les grands groupes, dès lors qu’ils sauront créer en interne les conditions nécessaires à l’émergence et à l’accélération d’un intrapreneuriat, donc de s’affranchir des pesanteurs inhérentes à leur taille et à leur histoire, ou s’allier intelligemment avec des acteurs plus récents et plus petits dans une logique « donnant / donnant ».

Quels sont les facteurs clés de réussite d’une jeune entreprise comme la votre ?

En premier lieu la compréhension des tendances du marché et des attentes des consommateurs et donc des distributeurs.

Que veulent les millenials ? des produits sains, pratiques, à même de leur procurer du plaisir, proposés par des marques et des entreprises authentiquement animées par de « vraies » valeurs, sachant communiquer avec eux (bons canaux, bons messages, bonne tonalité).

Comme les jeunes parents d’aujourd’hui sont pour la plupart des millenials, ils attendent donc pour leur tout-petit la même chose que pour eux. Nos petits galets surgelés pour bébés rompent avec tous les codes habituels de l’alimentation infantile pour répondre avec précision à chacun de ces critères d’achat. C’est ce qui explique leur succès.

La force d’une jeune entreprise, et pas seulement de Yooji, c’est justement d’oser, de remettre en question les modèles en place, et de se renouveler en permanence. Sa capacité notamment à adapter l’offre, la communication et la logistique aux nouveaux canaux de distribution et à l’usage croissant du numérique et des réseaux sociaux.

Si en plus elle est animée, de façon sincère, par des valeurs RSE authentiques et fortes (comme nous le sommes depuis notre création), son succès n’en sera que plus que grand et plus durable.

A part Yooji, quelle innovation alimentaire auriez-vous aimé inventer ?

Je suis très sensible à la problématique de l’accès à l’eau potable.

J’ai une véritable admiration pour la gamme Lifesaver et son créateur Michaël Pritchard.

Grâce à la technologie (ultra-filtration) cette gamme permet de résoudre des problématiques humanitaires d’urgence ou durables autrement qu’en organisant la distribution de bouteilles plastiques ou le regroupement de populations autour de points d’eau.

On est très loin des rayons de la grande distribution mais c’est pour moi une véritable innovation pour ne pas dire révolution, qui répond au besoin le plus vital et le plus urgent de l’être humain : boire, grâce à la technologie mais de façon très simple et très pertinente, et qui peut changer la vie de millions, pour ne pas dire de centaines de millions de personnes à travers le monde.

Plus d’informations sur www.yooji.fr