L’industrie agro-alimentaire connait depuis quelques années des (r)évolutions subies et impactantes qui remettent en question de nombreuses certitudes et engendrent de nouveaux défis à relever.

Un des plus complexes est celui de continuer à développer de l’innovation afin de garder un coup d’avance et être ainsi prêt à répondre aux besoins des nouveaux consommateurs.

De nouvelles revendications pour de nouvelles innovations

En France et à l’international, de nombreux acteurs de l’industrie d’agroalimentaire se questionnent sur la façon de répondre efficacement aux rapides revendications des consommateurs : produits nomades, aliments fonctionnels, produits « sans » (gluten, sucre,…),… le tout avec l’arrivée de nouvelles générations de clients à la recherche de sens et de militantisme de la part des marques alimentaires (développement durable, anti-gaspillage,…).

Ces nouveaux modes de consommation nécessitent donc une nouvelle façon d’innover en s’appuyant sur des ressources externes plus agiles et plus en phase avec ce monde qui change rapidement.

Les industries agro-alimentaires externalisent leurs innovations

Des multinationales comme Pepsico, Kraft Foods et General Mills ont déjà montré la voie de l’externalisation de l’innovation, depuis quelques années, à l’image de ce que les constructeurs automobiles ont réalisé avec leurs sous-traitants équipementiers.

Zachary Ellis, Manager External Innovation de PepsiCo explique : « Nous avons réalisé que nous ne pouvions pas faire tout nous-mêmes. Personne ne connaît notre entreprise aussi bien que nous le faisons, mais il y a encore plus d’esprits intelligents en dehors de l’organisation avec laquelle nous pouvons nous engager. Nous nous engageons régulièrement avec les universités, les startups, et des prestataires spécialisés ».

Christine Ng, ingénieur chez General Mills renforce le propos : « Je pense que dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de rester innovant en interne alors il faut une approche ouverte de l’innovation : il est vraiment important de rechercher et d’exploiter des compétences en dehors de notre industrie propre ».

Chobani, pourtant encore jeune entreprise, ne déroge pas à la règle et a fondé son incubateur afin de rester au contact de l’innovation externalisée. Son directeur, Jackie Miller, explique ce choix : « Chobani a lancé l’ADN de la marque mais si nous souhaitons nous développer, nous devons créer une culture d’innovation avec des échanges entre les mentors internes et le nombre incroyable d’innovations alimentaires apportés par l’externe ».

Deux solutions d’externalisation : la start-up ou le partenaire expert

La première solution d’externalisation de l’innovation est le rapprochement des grands groupes alimentaires avec des start-up en devenir. Même si la relation « win win » entre les deux est difficile à mettre en place, c’est une approche intéressante pour comprendre les modes de fonctionnement des jeunes entreprises innovantes mais cela ne garantit pas la rapidité de la mise en place de l’innovation et la réussite de ces partenariats.

Une autre solution, plus pragmatique et efficace, est l’externalisation de l’innovation avec de nouveaux acteurs agiles et collaboratifs, comme la Happyfeed Factory, qui s’engage sur des méthodes approuvées tout en y insufflant les facteurs clés de réussite des jeunes entreprises performantes.

De nombreuses industries des pays anglo-saxon et de l’Europe du nord ont déjà passé le cap de cette externalisation en « satellisant » leurs innovations de produits par le biais de structures externes plus en phase avec ce monde de (r)évolutions alimentaires qui nous promet encore de belles surprises dans les années à venir.